Prototype de démonstration · Qudwatt est un projet en développement · Aucune offre d’investissement n’est actuellement ouverte.

Observatoire

Associer l’épargne des Marocains et de la diaspora au financement des priorités énergétiques du Royaume.

Les grands projets énergétiques du Royaume sont déjà portés par des institutions marocaines et internationales. L’enjeu n’est pas de remplacer ces financements, mais d’y ajouter un canal domestique : permettre aux épargnants marocains et à la diaspora de participer, dans un cadre adapté, au financement d’orientations nationales stratégiques. Cet Observatoire rassemble les données publiques qui fondent cette hypothèse.

Ce qu’il faut retenir

01

La consommation d’électricité du Maroc accélère : +7,3 % en 2025, contre 3,9 % l’année précédente.

02

Pour y répondre, le parc électrique doit presque doubler : +11,6 GW à construire d’ici 2030.

03

L’opérateur public annonce que 72 % de ce programme devra être financé par le secteur privé.

01

La demande

Un pays qui s’équipe consomme

Pourquoi la consommation d’électricité est le premier indicateur du développement, et ce qui la tire au Maroc.

L’électricité n’est pas un secteur parmi d’autres : elle conditionne tous les autres. Une usine ne s’implante pas sans raccordement fiable. Une station de dessalement ne produit pas d’eau sans courant. Un ménage qui accède à la climatisation change de profil de consommation pour vingt ans. C’est pourquoi, dans les économies émergentes, la courbe de la demande électrique est l’un des meilleurs indicateurs avancés du développement réel.

L’énergie nette appelée

C’est la quantité d’électricité que le pays doit effectivement fournir à ses utilisateurs sur une année. On la mesure en gigawattheures (GWh). À ne pas confondre avec la puissance installée, qui désigne la capacité maximale des centrales, exprimée en mégawatts (MW) ou gigawatts (GW).

Au Maroc, cette courbe s’est redressée. L’énergie appelée a progressé de 3,9 % en 2024, puis de 7,3 % en 2025. En une année, le rythme a presque doublé. Le régulateur attribue cette accélération au lancement de nombreux projets industriels et à l’électrification croissante des usages.

En clair

Le pays consomme davantage parce qu’il produit davantage. C’est une bonne nouvelle économique qui devient immédiatement un problème d’investissement.

Les moteurs de cette hausse sont identifiés et durables. Les gigafactories de composants pour batteries s’installent. L’industrie automobile montée en gamme consomme davantage. Les stations de dessalement se multiplient sous l’effet du stress hydrique : elles pesaient 1 % de la consommation électrique en 2024 et dépasseront 5 % en 2030. S’y ajoutent les infrastructures des grands événements sportifs à venir. L’Agence internationale de l’énergie retient une croissance moyenne de 2,8 % par an jusqu’en 2030.

Cette demande, le pays ne la couvre pas entièrement. En 2025, la production nationale n’a satisfait que 92 % des besoins ; le reste a été importé, principalement depuis l’Espagne. Et la production demeure carbonée : le charbon assurait encore 58 % de l’électricité produite en 2025.

Produire ici ce que l’on achète ailleurs : la transition énergétique marocaine est d’abord une politique industrielle.
02

La réponse publique

Le parc électrique doit presque doubler

Trois décisions publiques, en dix-huit mois, qui chiffrent le programme d’équipement du Royaume.

Face à cette trajectoire, l’État n’a pas procédé par déclarations d’intention. Il a produit, en dix-huit mois, une série de documents précis qui dessinent un programme d’équipement.

28 janvier 2026. Le régulateur publie la capacité d’accueil du système électrique national : 10 429 MW pourront être raccordés en énergies renouvelables entre 2026 et 2030.

La capacité d’accueil

C’est le volume de nouvelles centrales que le réseau électrique peut absorber sans devenir instable. Tant qu’elle n’est pas publiée, un développeur ne sait pas s’il pourra brancher son projet. Sa publication libère donc les décisions d’investissement.

En clair

La contrainte n’est plus technique. Le réseau a de la place. Ce qui manque désormais, c’est le capital et le temps.

27 juillet 2026. Le conseil d’administration de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable adopte un plan d’équipement de 248 Md MAD pour 2026-2030, dont 206 Md MAD pour la seule branche électricité. Le programme prévoit 11,6 GW de capacités renouvelables supplémentaires et 2,6 GW de stockage — la première capacité de stockage d’ampleur du Royaume.

Pourquoi le stockage compte

Le solaire produit le jour, l’éolien quand il y a du vent. Sans moyen de conserver l’électricité, une partie de la production est perdue et le réseau doit garder des centrales fossiles en réserve. Le stockage transforme une production intermittente en production pilotable : c’est ce qui rend l’objectif de 2030 atteignable.

Le mouvement est engagé. La part des renouvelables dans la capacité installée atteignait 46,1 % à fin 2025, contre 37 % en 2021, pour un parc total de 12,2 GW. L’objectif officiel de 52 % à l’horizon 2030 pourrait être atteint dès 2028. Sur le seul premier trimestre 2026, le ministère a autorisé près de 3 GW de projets, représentant 22 Md MAD d’investissements.

4 novembre 2025. Une convention signée à Rabat entre l’État, l’ONEE et Masen réserve 5 GW d’électricité verte à la seule industrie marocaine d’ici 2030. L’objectif est explicite : préserver la compétitivité des exportateurs face aux exigences carbone de leurs donneurs d’ordre européens. En parallèle, la distribution est transférée aux sociétés régionales multiservices, avec un plan de 78 Md MAD.

03

Le financement

Le chaînon manquant n’est pas technique

Où se trouve l’argent, pourquoi il ne rejoint pas les projets, et ce que l’État demande au secteur financier.

Une précision s’impose ici, car elle conditionne la lecture de tout ce qui suit : les grands projets énergétiques marocains sont déjà financés. Masen et l’ONEE structurent les opérations, les bailleurs multilatéraux y consacrent des montants considérables, et des opérateurs privés de premier plan investissent aux côtés de l’État. Le Royaume ne souffre d’aucune carence de financement sur ses actifs emblématiques.

La question est ailleurs : celle du rythme et de la base. Le plan de l’ONEE prévoit que 72 % du programme relèvent du secteur privé. Atteindre un tel volume suppose d’élargir le cercle des apporteurs de capitaux au-delà des acteurs institutionnels déjà présents.

En clair

Il ne s’agit pas de remplacer les financements existants, mais d’en ajouter un : un canal domestique, alimenté par l’épargne des Marocains et de la diaspora, qui vienne s’additionner aux institutionnels déjà mobilisés.

Cette ouverture au privé n’a rien d’un renoncement. Elle découle d’une équation économique simple : le coût moyen de production de l’électricité s’établissait à 1,21 DH/kWh quand le prix moyen de vente atteignait 0,94 DH/kWh. Un écart durable de cette nature limite la capacité d’autofinancement d’un programme de plusieurs centaines de milliards, et rend l’apport extérieur structurellement nécessaire.

L’argent, pourtant, existe. À fin juin 2026, les dépôts bancaires des ménages marocains atteignaient 1 030 Md MAD, un niveau historique, dont 233 Md MAD détenus par les Marocains résidant à l’étranger. Cette épargne est rémunérée entre 1,82 % et 2,60 % selon les supports.

La transformation bancaire

Une banque collecte des dépôts à court terme et prête à plus long terme : c’est son métier de transformation. Quand l’écart entre ce qu’elle collecte et ce qu’elle prête s’élargit, cela signifie qu’une part croissante de l’épargne ne rejoint pas l’économie productive.

Cet écart approchait 130 Md MAD à fin mars 2026. Le diagnostic a été posé au plus haut niveau : dans le Discours du Trône du 29 juillet 2026, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a appelé le secteur financier à élargir qualitativement l’accès aux financements et à se montrer plus ouvert et plus novateur, afin d’optimiser la mobilisation de l’épargne nationale. Le Pacte national pour l’investissement fixe par ailleurs un objectif de deux tiers d’investissement privé dans l’investissement total à l’horizon 2035.

Le blocage ne tient pas à un manque de ressources, mais à une chaîne incomplète entre l’épargne, la prise de risque et l’investissement productif.

Ce que l’on peut en conclure

Le Maroc finance déjà sa transition. La question est d’en élargir la base.

Les constats qui précèdent émanent d’institutions distinctes, à des dates différentes, sans intention commune : c’est ce qui rend leur convergence significative. La demande électrique accélère. Le programme d’équipement est chiffré et le réseau prêt à l’accueillir. Les grands acteurs — publics, multilatéraux, privés — sont déjà à l’œuvre et le resteront.

Ce qui manque n’est donc pas du financement, mais un canal supplémentaire. Aujourd’hui, un épargnant marocain n’a pratiquement aucun moyen de participer à ces projets : son épargne reste logée dans des dépôts rémunérés moins de trois pour cent, pendant qu’un secteur stratégique et en forte croissance se développe sans lui.

Relier les deux produirait un double effet : davantage de capitaux mobilisables pour accélérer le rythme des projets, et la possibilité, pour les Marocains du Royaume comme de la diaspora, de faire travailler leur épargne dans l’économie productive de leur pays. Cela suppose un métier spécifique : sélectionner les opérations, analyser leur risque, structurer des tickets accessibles, suivre l’exploitation et rendre compte.

C’est l’hypothèse de travail de Qudwatt, et l’objet de ce prototype.

Orientations royales

Financer la transformation avec davantage de ressources domestiques

Dans le Discours du Trône du 29 juillet 2026, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a appelé le secteur financier à élargir qualitativement l’accès aux financements et à se montrer plus ouvert et plus novateur pour optimiser la mobilisation de l’épargne nationale. Cette orientation rejoint directement la logique que Qudwatt cherche à matérialiser.

Maroc.ma · 29 juillet 2026

Territoires

Un pays qui peut produire beaucoup, et de presque toutes les manières

La géographie du Maroc constitue un avantage énergétique de premier ordre. Du détroit au Sahara, des façades atlantiques et méditerranéennes aux plateaux intérieurs et aux massifs de l’Atlas, le Royaume réunit des profils climatiques, topographiques et côtiers très différents. Cette diversité permet d’envisager un mix particulièrement large de technologies bas-carbone — solaire, éolien, hydroélectricité, stockage, dessalement et, à terme, hydrogène vert — avec des profils de production et d’usage complémentaires.

Solaire

Un ensoleillement parmi les plus élevés au monde, avec une irradiation particulièrement régulière sur l’intérieur et le Sud. Le complexe NOOR de Ouarzazate a démontré que le pays savait conduire des projets de grande échelle, du photovoltaïque au thermodynamique à sels fondus.

Éolien

La façade atlantique offre des régimes de vent d’une constance rare, notamment autour de Tarfaya, Tanger et Essaouira. Cette régularité améliore le facteur de charge des parcs, donc leur équation économique.

Hydroélectricité

Les massifs du Rif, du Moyen et du Haut Atlas accueillent barrages et stations de transfert d’énergie par pompage — une forme de stockage éprouvée, mobilisable en quelques minutes pour absorber les creux de production.

Stockage par batteries

Le plan d’équipement prévoit 2,6 GW de capacités nouvelles. Couplées aux parcs solaires et éoliens, elles transforment une production intermittente en fourniture pilotable.

Dessalement

Le littoral s’étend sur plus de trois mille kilomètres. Les stations de dessalement alimentées en renouvelable répondent au stress hydrique tout en créant une demande électrique nouvelle, planifiable et contractualisable.

Hydrogène vert

La combinaison d’un fort ensoleillement, de vents réguliers, de foncier disponible et d’une proximité immédiate avec le marché européen place le Royaume parmi les rares candidats crédibles à l’export d’hydrogène et de ses dérivés.

Le Sahara occupe une place singulière dans cette géographie énergétique : ensoleillement, vents atlantiques, espaces disponibles, proximité du littoral et besoins croissants en eau y convergent. Mais le potentiel du Royaume ne se limite pas au Sud : il repose précisément sur la complémentarité entre plusieurs territoires, plusieurs ressources et plusieurs technologies, reliés par un réseau capable d’acheminer et d’équilibrer cette production.

L’avantage du Maroc n’est pas une ressource unique : c’est la combinaison d’un territoire solaire, éolien, hydraulique et maritime, capable de faire coexister production, stockage, réseau et nouveaux usages industriels.

Annexes

Données de référence & sources

Les tableaux ci-dessous regroupent les principaux indicateurs mobilisés dans l’Observatoire. Ils sont placés en annexe afin de préserver une lecture éditoriale fluide tout en permettant de remonter aux sources.

Demande, mix & nouveaux usages

92 %Part des besoins couverte par la production locale2025EcoActu ↗
58 %Part du charbon dans la production2025AIE ↗
2 539 GWhImportations depuis l’Espagne, 5,5 % de la demande2024ANRE ↗
1 % → 5 %Part du dessalement dans la consommation, 2024 puis 20302026EcoActu ↗
5 GWÉlectricité verte réservée à l’industrie d’ici 2030nov. 2025État · ONEE · Masen ↗

Programme d’équipement

10 429 MWCapacité d’accueil du réseau en renouvelables, 2026-2030janv. 2026ANRE ↗
248 Md MADPlan d’équipement de l’ONEE, dont 206 pour l’électricitéjuil. 2026ONEE ↗
+11,6 GWCapacités renouvelables supplémentaires prévues2026ONEE ↗
+2,6 GWCapacités de stockage prévues2026ONEE ↗
12,2 GWPuissance installée totale du parc2025Ministère ↗
46,1 %Part des renouvelables dans la capacité installéefin 2025ONEE ↗
≈3 GWProjets autorisés au premier trimestreT1 2026Ministère ↗
78 Md MADPlan des sociétés régionales multiservices2026Team France Export ↗
1,21 / 0,94Coût de production et prix de vente moyens, DH/kWh2022Analyse tarifaire ↗

Épargne et financement

72 %Part du plan à financer par le privéjuil. 2026ONEE ↗
1 030 Md MADDépôts bancaires des ménagesjuin 2026Bank Al-Maghrib ↗
233 Md MADPart détenue par les Marocains résidant à l’étrangerjuin 2026Bank Al-Maghrib ↗
1 422 Md MADEncours total des dépôts bancairesjuin 2026Bank Al-Maghrib ↗
≈130 Md MADÉcart entre dépôts collectés et crédits distribuésmars 2026Bank Al-Maghrib ↗
1,82 %Taux minimum des comptes sur carnet, second semestre2026Bank Al-Maghrib ↗
2,16 / 2,60 %Rémunération des dépôts à terme, 6 et 12 moismai 2026Bank Al-Maghrib ↗
22 Md MADInvestissements portés par les projets autorisés au T12026Ministère ↗
2/3Part visée pour l’investissement privé à l’horizon 20352026Pacte national ↗
29/07/2026Appel royal à mobiliser l’épargne nationale2026Maroc.ma · Médias24 ↗